16.04.2012
Le Barefoot College : l'éducation de tous pour la soutenabilité
L’Inde est un pays où le poids des castes se fait sentir au jour le jour. Les exemples iconoclastes se multiplient aujourd’hui et font quelque peu bouger les lignes mais l’histoire est un colosse qui se meut difficilement. Parmi ces exemples atypiques, le Barefoot College, exemple d’une démocratisation de l’éducation. On ne peut se lasser de le répéter : l’éducation est la clé du futur qui peut donc être soutenable ou non. Le changement durable passe par l’éducation.
Le Barefoot College n’est pas une initiative nouvelle, mais cet exemple prend une résonnance toute particulière dans le contexte actuel. Alors que les liens entre pauvreté et dégradation de l’environnement sont de plus en évident, donner aux gens es moyens de s’en sortir par l’éducation devient particulièrement urgent. Le Barefoot College voit le jour en 1972 à l’initiative de Sanjit Roy et met en place dès 1989 un programme de formation visant à l’électrification des villages indiens.
A l’origine de ce programme, un tour du pays pour recenser les villages qui n’ont pas accès à l’électricité. Suite à cette « mission de reconnaissance », l’université propose un accord aux villages non électrifiés : ils enverront plusieurs femmes suivre une formation à Tilonia, au Barefoot College, et recevront ensuite des panneaux solaires que les femmes ayant reçu la formation pourront installer. Un programme environnement qui combine l’utilisation de nouvelles sources d’énergies tout en impliquant la population dans le processus et en participant à la démocratisation de la culture et au développement du pays.
Outre les progrès apportés en terme de développement, les femmes deviennent indépendante financièrement et peuvent réellement aspirer à une vie meilleure. Ainsi, les femmes ayant suivi ces formations, peuvent gagner leur vie grâce à l’installation et à la réparation de ces panneaux solaires.
Dans la même lignée, la Khan Academy, fondée par Salman Khan, un Indien aussi, en 2006. Le site propose des leçons en ligne de qualité accessibles à tous pour améliorer la démocratisation de l’éducation. Après une carrière de trader pendant plusieurs années, Salman Khan, de père bengali et de mère indienne, décide de fonder un site de qualité qui permette à tous d’accéder à une éducation gratuite.
Ce genre de projets contribuent à une éducation dans l’intérêt général pour une société plus respectueuse de la justice sociale et de l’environnement.
Pour en savoir plus :
22:48
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10.04.2012
La bonne idée du Bhoutan
Au Bhoutan, 65% de la population vit dans des zones rurales et 96% de la population rurale vit dans des conditions extrêmes de pauvreté. La lutte contre la pauvreté est un enjeu de taille qui pourrait, comme bien souvent, être dé corrélé des problèmes de préservation de l’environnement. L’articulation des différents enjeux du développement durable peut s’avérer difficile dans ces conditions, mais le Bhoutan a réussi à transformer cette contrainte en un avantage original.
Dans un pays où la démocratie n’existe que depuis quatre ans, une gestion communautaire de la forêt a été imaginée de sorte à valoriser les populations rurales pauvres. Le Community Forest Management ou CFM. Le CFM, qui n’était qu’un projet pilote, compte aujourd’hui 328 communautés impliquées dans la gestion de 30 000 hectares de forêts, soit 2% de la superficie du pays.
Comment fonctionne ce petit miracle ? Le département des Forêts est constitué de fonctionnaires qui vont sensibiliser à la gestion de la forêt dans les différentes provinces. Les communautés rurales peuvent ainsi se former à la gestion d’une forêt, sur le plan pratique mais aussi légal. Après cette formation initiale assurée par l’Etat, les communautés peuvent postuler auprès du responsable forestier du district. Si cette candidature est acceptée, un plan de gestion forestière est établi en concertation avec la communauté après un recensement de ressource pour établir les différentes zones d’exploitation.

Les communautés rurales peuvent ainsi prélever des ressources dans la forêt et en tirer une activité économique, tant que celle-ci est en accord avec le plan établi conjointement avec les représentants de l’Etat. Ils établissent ainsi une subsistance durable en préservant leur patrimoine écologique et économique. L’Etat de son côté prélève une taxe de 120 ngultrums (2€) par arbre adulte. La préservation des forêts permet aussi de conserver les ressources en eau et donc les revenus tirés de la vente de l’hydroélectricité à l’Inde.
Grâce à ce système, le Bhoutan a pu s’engager constitutionnellement à préserver un couvert forestier d’au moins 60% dans le long terme, ce qui en ferait le pays le plus protecteur de son couvert forestier en Asie. Le système de CFM a aussi été adopté par le Cambodge, les Philippines, la Thaïlande et le Vietnam. Un modèle qui peut s’avérer un atout important pour la préservation de la forêt en Asie, et une solution qui allie tradition rurale et préservation de l’environnement.
12:23
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02.04.2012
Les oubliés de Guyane
Les Wayanas sont un des six peuples amérindiens vivant en Guyane, mais aussi au Brésil et au Suriname. L’histoire de ces peuples commence à être tristement classique : colons et missionnaires ont apporté, outre leur ferveur religieuse et leur volonté de prosélytisme violent, des maladies et des confrontations sociales. Les institutions (écoles, dispensaires) mises en en place par les missionnaires échouent à s’adapter à la culture de ses peuples qui refusent de les fréquenter alors que leurs systèmes immunitaires se trouvent confrontés à des maladies inconnues (des enfants meurent encore de la coqueluche). La culture wayana s’érode au contact des armes, du tourisme, des nouvelles activités et se dissout dans l’alcool qui fait des ravages. Ainsi, les Wayanas n’étaient plus que 1 400 en Guyane en 2006, et vivent dans des réserves au Brésil et au Suriname.

La France, voulant agir pour préserver ces cultures et ces peuples, leur octroie un territoire protégé de 30 000 km² au sud de la Guyane, que se partagent les quatre ethnies amérindiennes wayana, apalaï, wayampi et teko.
Mais les problèmes environnementaux sur ces terres qui leur ont été données se multiplient, mettant en danger direct les populations. Les orpailleurs clandestins venus du Brésil représentent non seulement une menace pour la sécurité (vols, menaces de mort) mais aussi pour l’environnement. La ruée vers l’or en Guyane se traduit par la pollution des eaux et des sols au mercure : les orpailleurs, pour amalgamer les particules et poussières d’or trouvées, utilisent du mercure qui est ensuite extrait par évaporation. Absorbé par la matière organique, celui-ci se retrouve ensuite dans les rivières, les pluies et à terme dans la chaîne d’alimentation.
L’empoisonnement des sols au mercure dans cette région est avéré depuis plus de vingt ans. Les peuples des fleuves, tels que les Wayanas, sont particulièrement touchées, à cause de leur consommation de poisson (base de leur alimentation) et de leur mode de vie « fluvial ». L’Institut National de Veille Sanitaire a mené une étude en 1997 en prenant un panel de 165 Wayanas. Tous dépassaient la valeur sanguine recommandée par l’OMS de 10 microgrammes par grammes (µg/g). La moyenne sur la population était de 10,6 µg/g en 1997 et dans une étude de 2006 elle était passée à 12,2 µg/g.
Le tourisme est un autre problème environnemental : la transamazonienne est-ouest (RN2) marque la première fracture écologique de la région, incitant au développement des transports et reliant la région du Haut Maroni au reste de la Guyane très facilement.
Ainsi, les modes de vie traditionnels des Wayanas disparaissent : ils se sédentarisent, ne peuvent plus vivre des produits du fleuve, intoxiqués au mercure, les méthodes traditionnelles de pêche et de chasse disparaissent au profit d’autres plus « efficaces », les fusils, et le tourisme transforme le paysage. Les Wayanas, culture en communion avec le fleuve, intègrent un folklore pour touristes en mal d’exotisme et perdent une culture ancestrale.
14:30
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